Facture électronique · Guide pratique

Facturation électronique : comprendre les cas d'usage pour mieux préparer votre transition

La réforme ne concerne pas seulement le format de vos factures. Elle impose de qualifier précisément chaque transaction : qui facture qui, dans quel cadre, avec quelles modalités. Ces situations concrètes s'appellent des cas d'usage. En comprendre les grandes familles, c'est la première étape pour une mise en conformité sereine.

Un cas d'usage, c'est simplement une situation concrète dans laquelle une entreprise émet ou reçoit une facture. La réglementation en recense plusieurs dizaines, répartis en trois catégories : la structure de la facture, les flux de paiement et les cas spécifiques.

Catégorie 1 — La structure de la facture

Cette catégorie concerne la manière dont votre facture est construite et émise. C'est la plus courante et la plus directement impactée par la réforme.

E-invoicing
La facture simple
Cas le plus fréquent : une entreprise assujettie facture un autre assujetti établi en France. La facture doit transiter par une Plateforme Agréée (PA) dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII).
E-invoicing
La facture avec acompte
BTP, conseil, événementiel : une facture d'acompte est émise avant la livraison, suivie d'une facture de solde. Ces deux factures doivent être liées et traçables dans le système.
E-invoicing
La facture récurrente
Abonnements, loyers, maintenances : les factures émises à intervalles réguliers pour un même service doivent être gérées dans un cadre conforme avec une fréquence d'émission définie.
E-invoicing
La facture d'avoir
Un avoir doit référencer la facture d'origine et être transmis via la même PA. Sa gestion est un point de vigilance important, notamment pour la déclaration de TVA.
E-invoicing
La facture multi-taux TVA
Certaines factures combinent des prestations à taux différents (20%, 10%, 5,5%, 0%). Chaque ligne doit être correctement codifiée. Les cas d'autoliquidation ou d'exonération doivent être explicitement indiqués.
E-invoicing
La facture de situation
Utilisée dans le BTP et les marchés publics, la facture de situation correspond à un état d'avancement des travaux. Elle doit être rattachée au marché concerné et suivre un cycle de vie spécifique.

Catégorie 2 — Les flux de paiement

Cette catégorie décrit qui est impliqué dans la transaction et dans quel circuit financier. Elle est souvent sous-estimée lors de la préparation à la réforme.

Vente directe entre deux assujettis (e-invoicing)

C'est le cœur de la réforme : un fournisseur facture un client, tous deux assujettis à la TVA et établis en France. La facture transite obligatoirement par une PA. Le cycle de vie (déposée, rejetée, encaissée) doit être suivi et transmis à la DGFiP.

Vente à un particulier (e-reporting)

Lorsque votre client est un particulier (BtoC), la facture ne transite pas par une PA au sens de l'e-invoicing. Vous avez cependant l'obligation de transmettre à la DGFiP les données agrégées de vos transactions : montants, TVA collectée, encaissements. C'est l'e-reporting.

⚠️ L'e-reporting s'applique aussi aux transactions avec des professionnels non assujettis à la TVA. Ne confondez pas "assujetti" et "redevable" : une entreprise en franchise de TVA est assujettie mais non redevable.

Vente à l'international (e-reporting)

Les factures à destination d'entreprises établies hors de France relèvent de l'e-reporting : vous transmettez les données de la transaction à la DGFiP sans passer par le circuit PA classique. La fréquence de transmission dépend de votre régime de TVA.

La sous-traitance

Dans les filières BTP, industrie ou services, une entreprise peut facturer un donneur d'ordre qui lui-même facture un client final. Ce schéma implique plusieurs flux imbriqués, chacun devant être conforme. La traçabilité entre facture du sous-traitant et facture du donneur d'ordre est un enjeu clé.

La refacturation et le remboursement de frais

Lorsqu'une entité avance des frais pour le compte d'une autre et les lui refacture, la nature de la transaction doit être explicitement qualifiée. Ce cas se rencontre fréquemment dans les groupes de sociétés et les refacturations intra-groupe.

L'affacturage

Lorsqu'une entreprise cède ses créances à un factor, le circuit de facturation se complexifie : la facture est émise au nom du fournisseur mais le paiement est géré par un tiers. La réforme impose de tracer ces relations et de gérer les statuts de cycle de vie en conséquence.

Catégorie 3 — Les cas spécifiques

Cette catégorie regroupe les situations qui sortent du schéma classique et qui nécessitent une attention particulière lors de la mise en conformité.

Cas spécifique
L'auto-facturation
Dans certains secteurs (agriculture, grande distribution, coopératives), c'est l'acheteur qui émet la facture au nom du vendeur. Ce mécanisme doit être déclaré dans la facture électronique. Un mandat préalable entre les parties est obligatoire.
Cas spécifique
La franchise en base de TVA
Micro-entrepreneurs, certaines associations, professions libérales sous seuil : vous n'appliquez pas la TVA mais vous devez recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. Vos factures portent la mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI".
E-reporting
La livraison intracommunautaire
Les ventes de biens à des entreprises établies dans d'autres pays membres de l'UE sont exonérées de TVA française. Ces opérations relèvent de l'e-reporting. Les justificatifs de transport doivent être conservés et associés à la facture.
E-reporting
L'exportation hors UE
Les ventes hors Union Européenne sont également exonérées de TVA et soumises à l'e-reporting. Les preuves d'exportation (DAE, documents douaniers) doivent être liées à la transaction déclarée.
Cas spécifique
La facturation au secteur public
Les factures à destination d'entités publiques (État, collectivités, hôpitaux) transitent par Chorus Pro, obligatoire depuis 2020. Dans le cadre de la réforme, les PA devront être interopérables avec Chorus Pro.
Cas spécifique
Le mandat et la représentation
Lorsqu'une entreprise agit au nom d'une autre (agent immobilier, courtier, avocat), la facturation doit distinguer clairement les sommes perçues pour son propre compte et celles perçues pour le compte du mandant.

Les questions à vous poser avant de choisir votre solution

La diversité de ces situations explique pourquoi la réforme demande une analyse préalable de vos flux de facturation. Voici les questions clés :

Votre diagnostic de cas d'usage
  • Facturez-vous uniquement des professionnels ou aussi des particuliers ?
  • Avez-vous des clients ou fournisseurs établis hors de France ?
  • Émettez-vous des acomptes, des avoirs ou des factures périodiques ?
  • Êtes-vous sous-traitant ou donnez-vous vous-même de la sous-traitance ?
  • Facturez-vous des entités publiques (Chorus Pro) ?
  • Votre entreprise est-elle en franchise en base de TVA ?
  • Avez-vous recours à l'affacturage ou à des mandataires ?

Chaque "oui" correspond à un cas d'usage spécifique qui doit être pris en charge par votre solution. La réforme est une opportunité de clarifier et de structurer vos processus de facturation.

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